Payer plus pour bouger mieux


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Payer plus. Le message de Doris Leuthard est clair : si nous voulons de meilleures infrastructures, nous devons nous préparer à mettre la main au porte-monnaie. On peut seulement regretter que la planification des investissements ressemble à une gestion de panique : il est loin le temps où on parlait d’améliorer la qualité du service ou la vitesse des trajets. Ce qui compte désormais, c’est de parer à l’urgence, soit compenser la croissance, que dis-je, l’explosion du nombre de passagers. Bref, on investit davantage pour maintenir la qualité que pour l’améliorer.
L’augmentation du prix des transports permettra d’améliorer la qualité, paraît-il. Mais de quelle qualité parlons-nous ? Pour l’essentiel, il s’agit d’augmenter la capacité et d’offrir une place assise à tous. On ne peut que regretter ce manque d’ambition, cette absence totale d’utopie. Une vraie vision consiste à fixer la barre haute, et à tout faire pour l’atteindre. A une autre époque, la Suisse a choisi de percer des tunnels dans les montagnes pour rapprocher ses citoyens. On proposait des projets qui offraient de véritables changements. Me garantir une place assise dans un train, ce n’est pas une amélioration, c’est seulement retrouver le service que je connaissais il y a dix ans.
Certes, il est urgent de palier le sous-dimensionnement de nos infrastructures, tant ferroviaires que routières. On ne saurait néanmoins s’en contenter. Les pays qui nous entourent ne se satisfont pas d’augmenter la capacité de leurs trains; ils cherchent aussi à diminuer la durée des trajets. En 2050, Paris sera plus proche de Munich qu’aujourd’hui. Nous serions trop petits pour la vitesse ? L’Autriche, la Belgique ou le Luxembourg s’y mettent pourtant. En Suisse, il y a fort à parier qu’hormis quelques modifications ponctuelles, le réseau de 2050 sera la copie conforme de celui de 2010. Plutôt que bricoler les voies actuelles, nous pourrions, par exemple, construire de nouvelles lignes, à grande vitesse, pour qu’un jour Zürich ne soit plus qu’à une heure de Genève !
Les clients des CFF ne sont pas idiots. Ils savent que les investissements ont un coût. Ce qui est rageant, c’est de payer sans constater d’améliorations réelles. Partout, que ce soit de Berne à Zurich ou de Sion à Lausanne, les projets ne consistent qu’à maintenir ce qui existe déjà. Si la Suisse veut rester dans le peloton de tête des économies mondiales, il va falloir faire mieux. Nous devons retrouver cette force d’innovation permanente, cette capacité à anticiper les développements. Décider aujourd’hui du visage de la Suisse de demain, et nous donner les moyens d’y parvenir. Alors oui, payer plus, pourquoi pas. Mais alors pour bouger mieux.
Publié dans le Nouvelliste, le 3 février 2011