Si vous me faites un rabais, je renonce à vous voler.


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 –       Angela Merkel: «  Combien coûte ce disque ? »
–       Evelyne Widmer-Schlumpf: « Trente francs. »
–       Angela Merkel: « Vous me le vendez dix et je ne le vole pas. »
–       Evelyne Widmer-Schlumpf: « Marché conclu. »

 
Je l’avoue, j’ai été vraiment convaincu de l’importance de conclure le fameux accord fiscal avec l’Allemagne. Depuis que j’ai appris que la contrepartie négociée était le renoncement de l’Allemagne à utiliser des CD de données volées, je ne peux que m’opposer à leur ratification.
 
La grande Germanie est un Etat régi par le droit depuis bientôt septante ans, un Etat où chacun a droit à un procès équitable au nom duquel l’administration d’une preuve relève d’une mécanique subtile et complexe. Ces principes ne sont pas négociables. Il n’est besoin d’aucune contre-prestation pour les voir appliqués.
 
ll s’avère pourtant que tous les partis politiques demandent l’engagement ferme de l’Allemagne de renoncer à acheter des preuves volées et à pratiquer l’espionnage industriel en justice. Certains se posent la question de l’interprétation de l’accord, savoir si celui-ci permet encore à notre voisin de pratiquer le recel judiciaire.
 
Dans ces conditions, je pense qu’il est opportun de renoncer à l’accord. Le secret bancaire tel que pratiqué en Suisse prend sa source dans une réflexion libérale et sensée. La distinction entre fraude et évasion fiscale – ou plus simplement entre faux dans les titres et mensonge par omission – est empreinte de justice et d’éthique. Tout l’inverse des pratiques du fisc allemand qui prennent leurs sources dans les actions subtiles du groupe terroriste Baader-Meinhof.
 
Contrairement à ce que tentent de faire croire les membres du  G20, la Suisse n’a aucune dette morale vis-à-vis d’Etats qui découvrent en 2012 qu’ils ont dépensés trop durant des décennies. Qu’ils s’appellent Hollande, Sarkozy ou Obama, tous ont traité mon pays de paradis fiscal alors qu’ils transforment les leurs en enfers fiscaux, fruits de leur gestion calamiteuse et clientéliste.
 
La Suisse est prête à aider, prête à participer à l’effort de sortie de crise, de désendettement des Etats. Nous sommes prêts à négocier des aménagements dans l’application du secret bancaire que même le monde de la finance accepte de soutenir.
 
Nos partenaires, eux, ne sont pas prêts. Ils n’admettent aucune de leurs erreurs, ne reconnaissent pas que l’urgence invoquée ne provient que de la faillite programmée par leurs politiques socio-démagogues. Ils espèrent financer de nouvelles politiques de dépenses en saisissant les biens helvétiques. S’ils pensent gagner en jouant les gros bras, ils se retrouveront face à un obstacle probablement plus solide qu’ils ne le croient: la démocratie directe qui n’a besoin d’aucun accord ou de CD volé pour s’appliquer.
Publié dans le Confédéré, le vendredi 27 juillet 2012