Le monde va de mieux en mieux, mais ne le dites surtout pas

Philippe Nantermod

Philippe Nantermod

Le monde va de mieux en mieux, mais ne le dites surtout pas

Publié dans le Temps, le 30 janvier 2018. 
La contestation altermondialiste ne tarit pas, désormais soutenue par Donald Trump et son discours protectionniste. Pourtant, la globalisation a permis à l’humanité d’accomplir des progrès jamais réalisés auparavant.
Comment va la vie ? A priori, mal. Neuf personnes sur dix sont persuadées que le monde s’enfonce dans la misère. L’ONG Oxfam insiste : les inégalités exploseraient. Les ultra-riches accaparent 82% de la prospérité. Le titre claque, relançons la lutte des classes.
La statistique est forcée, alambiquée. On y mesure l’épargne d’un an, déduite de la dette, sans tenir compte du niveau de vie. Dans cette équation, un diplômé de Harvard endetté est moins riche qu’un paysan malien. Pour parler d’égalité, on pourrait comparer les revenus. Rappeler que le salaire médian mondial a doublé en dix ans. Qu’avec une rente AVS, on fait déjà partie des 5% les plus riches du globe. C’est tout aussi vrai, mais ça vend moins.
Cet alarmisme n’est pas innocent. Il appuie les sempiternelles revendications du mois de janvier, en marge de Davos. Un autre monde est possible. On nous le répète en boucle depuis l’OMC à Seattle en 1999. En 2010, Oxfam nous gratifiait même d’un blog sur la success story du Venezuela en matière d’inégalité. Ça ne s’invente pas.
Et pourtant… Depuis 30 ans, le monde s’améliore. Plus vite que jamais. Pour la première fois, moins de 10% des individus vivent dans l’extrême pauvreté. Ils étaient 35% à la chute du Mur. En trois décennies, le monde capitaliste contre lequel on casse des vitrines a permis d’arracher 1.7 milliards de personnes à la pauvreté.
Ce progrès n’est pas isolé. On s’améliore aussi en termes de sous-nutrition, d’accès à l’eau potable, de réduction des maladies, d’espérance de vie, d’alphabétisation, de mortalité infantile, de conflits. L’humanité ne s’est jamais aussi bien portée qu’aujourd’hui. Et elle continue sur sa lancée.
La vraie success story, c’est celle du capitalisme mondialisé et pacifié. Le dire ne vous rendra certainement pas populaire, dans cette curieuse société droguée aux mauvaises nouvelles.
Aucun autre système économique n’a permis de telles réussites. Même si l’on doit faire mieux. Même si la richesse extrême sera toujours insupportable tant qu’il restera de la misère. Mais pendant que vous lisiez cette chronique, 200 personnes sont sorties de la pauvreté. Elles seront 137’000 d’ici demain. Un autre modèle est possible. Il n’est certainement pas souhaitable.

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