Fathi, cette fois, c’est fini

Philippe Nantermod

Philippe Nantermod

Fathi, cette fois, c’est fini

Une nouvelle législature s’ouvre, notre chroniqueur se réjouit de rencontrer de nouveaux collègues, mais tient à faire ses adieux à son prédécesseur dans les colonnes du «Temps», Fathi Derder.

Voilà, c’est fini. La 50e législature commence vraiment à sentir le sapin. Celle des élus de 2015. Théoriquement, nous sommes encore en place. S’il fallait réunir d’urgence l’Assemblée fédérale pour choisir un général en chef, ce serait encore nous. Jusqu’au 2 décembre. Mais en pratique, on s’est déjà dit au revoir le 27 septembre. Le dernier jour de la dernière session. Cette journée avait un air de fin des classes, avant la maturité. On se dit «à bientôt», décontractés, en tremblant secrètement pour le résultat final.

Depuis dimanche, on connaît le nom de ceux qui ont réussi l’examen. Il y a ceux qui espéraient, mais qui resteront à la maison. Et il y a ceux qui ont renoncé. Parmi eux, mon prédécesseur, dans l’exercice de cette chronique. Une sacrée plume. Mais Fathi, c’est fini. Et je rends hommage à ce parlementaire pas vraiment comme les autres. Celui qui y était sans vraiment y être. Il a d’ailleurs écrit un bouquin pour nous dégonfler tous, nos petites manies et nos petits défauts.

Une saucisse aux choux en prime

Le genre d’élu qu’on ne voyait pas souvent là où il fallait, comme aux séances de groupe. Pas trop non plus aux fêtes folkloriques, ni aux autres mondanités cantonales incontournables pour tout candidat aux élections fédérales. Pas étonnant d’ailleurs qu’il ait senti le vent du boulet en 2015 déjà. Je me souviens d’ailleurs de cette soirée du 24 janvier dans une commune de son district où sa chaise, en face de moi, est restée désespérément vide toute la soirée. J’ai mangé deux saucisses aux choux pour la peine. Pas fait le déplacement pour rien.

Fathi Derder, l’élu qui siégeait juste derrière moi, était un atypique. On l’est tous un peu, mais lui un peu plus que les autres. Et c’est aussi ce qui faisait son charme. Il était du genre à pouvoir changer d’opinion. Pas sur un détail, mais sur le fond d’un dossier. A savoir: se laisser convaincre. La marque d’une intelligence qui manque parfois.

Et puis il y a ces dossiers qu’il a portés, en faveur de l’innovation et des start-up. Des choses importantes, qui n’excitent pas toujours les foules, mais essentielles pour la Suisse de demain. Une chose est certaine, il en aurait fallu un peu plus, de ces Fathi. J’espère qu’on n’a pas cassé le moule. Pour les autres, je ne sais pas, mais en ce qui me concerne, tu vas me manquer.

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